New Super Mario Bros 2 revient

Publié le par D W

Nintendo a laissé filtrer il y a 2 jours la future mise sur le marché (américain, puis européen) d'un pack 2DS incluant New Super Mario Bros 2 + tous les dlc sortis jusqu'à présent. Pas mal - surtout qu'il y a un bon paquet de dlc sortis. Bon, le tout sera intégré en dématérialisé directement dans la machine, mais c'est une offre intéressante pour qui n'a pas encore craqué pour une 3DS. Restera à voir le prix.

Ca m'a rappelé ce vieux billet que j'avais écrit jadis en 2013 décembre 2012 (déjà....) sur le jeu en lui-même, dont je suis assez fan, et que je regarde de manière nettement moins critique que bon nombre d'observateurs. Voici pourquoi.



New Super Mario Bros 2 [3DS]

Il faut décidément que j'y aille moi aussi de mon obole sur ce jeu tant décrié, et souvent pour de mauvaises raisons.

Rarement un Mario aura déchaîné autant de passions contraires (hormis peut-être Sunshine), et suscité autant d'exaspération chez un certain nombre de joueurs impatients et orgueilleux.
Disons-le franchement : je trouve ce jeu excellent, mais effectivement imparfait, et partiellement irrégulier.
Pour expliquer cet avis singulier, je découperai le jeu en 4 parties : le début, le milieu, la fin, et l'after.

Le début

Le début du jeu est très correct (3.5 étoiles / 5). On y retrouve le quasi-traditionnel monde de bienvenue, pour se faire aux contrôles, aux bonus, qui ne sont pas tous présents pourtant, mais l'auront été dès le début du 2ème monde.
Ce premier monde n'est pas bien difficile, et recèle son lot de petits secrets sympathiques.
Le 2ème monde, monde du désert, est très sympathique. On replonge en plein Super Mario Bros 3. Les deux 2èmes mondes sont d'ailleurs très proches, et celui de New Super Mario Bros 2 est particulièrement fidèle à l'esprit originel. On retrouve bon nombre d'ennemis, les fleurs d'or, les endroits cachés, les vastes sous-sols, le tout est agréable.

Le milieu : ça se gâte

Là où les choses se "compliquent", ou tout du moins s'alourdissent, c'est le milieu, c'est-à-dire, dans ma description, les mondes 3-4-5. Monde aérien, monde de la forêt, monde de la glace, dans l'ordre ou le désordre... et l'ennui qui s'invite à l'expérience de jeu, de manière inopportune et surprenante. Le joueur se retrouve face à des niveaux, parfois assez longs, parfois un peu durs, quasiment toujours finissables aisément, avec quelques endroits retords, mais à ce stade-là, on a déjà tellement de vies à cause de la quantité de pièces récupérées, et il est tellement facile de refaire les niveaux précédents pour gagner des vies supplémentaires, que le joueur se retrouve à avancer pas à pas, niveau par niveau, fastidieusement, sans jamais risquer d'être mis game over.... et en perdant petit à petit l'envie de continuer.

Je ne suis pas tellement étonné que certains aient décroché là.

La fin : le réveil sonne

Le dernier monde régulier, le 6ème monde, est une petite merveille (4 étoiles / 5).
Un vrai réveil pour le joueur après l'apathie des mondes précédents.
D'abord, il est beau. Ensuite, les niveaux sont plus pêchus, plus rapides, plus nerveux, plus accidentés aussi, les musiques sont renouvelées et ça fait du bien aux oreilles. De nombreuses petites choses sont très bien pensées, de nombreux patterns très agréables à découvrir, et le jeu se conclut sur un très bon dernier château.

Le monde est très plein et cohérent, et on sent nettement moins de "niveaux de remplissage", comme on peut le ressentir parfois çà et là lors des 3 mondes précédents.

L'after : c'est le Money Time

Une fois que le jeu est fini, le joueur peut bien évidemment continuer ses recherches, ou rejouer des niveaux déjà joués.
Et là, c'est formidable (5 étoiles / 5, oui je me lâche total).
D'abord, on peut sauvegarder quand on veut, tant qu'on veut, comme dans les précédents jeux. Il n'y a d'ailleurs pas d'auto-save, contrairement à bon nombre de jeux aujourd'hui, notamment Kid Icarus Uprising, donc, pas de configuration plombée à un instant T.
Ensuite, les maisons-champignons fournissent à l'infini. Très pratique pour récupérer des fleurs d'or, et faire le ménage dans certains niveaux un peu trop pesants.
Chercher les niveaux cachés est un exercice un peu difficile, certains niveaux sont finement dissimulés, et difficiles à dénicher du premier coup. Les blocs invisibles sont en quantités non négligeables. Mais l'exercice devient passionnant, et bien plus engageant que lors de la première exploration.
Les 3 mondes cachés sont magnifiques, les niveaux y sont bien ciselés, les bonus nombreux, le gameplay intéressant.
C'est un régal.


Du coup, je comprends bien les esprits chagrins ou les guéguerreux de tous poils qui râlent et taillent le jeu en pièce. C'est un jeu qui nécessite un minimum d'implication personnelle pour être apprécié, sans quoi, on passe à côté du jeu, et on finit par s'enliser dans ses segments les plus pesants et les plus fatiguants. Dans notre époque moderne du zapping vidéoludique, zapper pour passer à un autre jeu est plus facile que s'accrocher dans une phase un petit peu difficile.

Mais pour ceux qui tiennent jusqu'au bout, la récompense est grande, et belle et bien là.

En fait, ce jeu a deux défauts notables, et peut-être même trois.
D'abord, c'est un jeu DS, sorti sur 3DS. Clairement. Ce jeu-là a été développé sur DS pour la DS, et n'est pas sorti pour des raisons commerciales à l'époque, à savoir que Sony pointait le bout de son nez avec sa PS Vita, et Nintendo avait déjà l'intention de lui couper l'herbe sous le pied avec la 3DS. Et dès lors, garder un jeu system seller comme un Mario, dans la poche, et le sortir sur une machine qui en avait plus besoin était une décision de bon sens, en tout cas compréhensible et défendable.
Mais le jeu accuse son âge, et son support. Globalement, la 3D sur New Super Mario Bros 2 est anecdotique, elle est même déconseillée quand on voit la perte de netteté des décors entre l'affichage régulier 2D et 3D. Les effets sont mineurs, et très peu gênants pour le joueur, donc ce n'est pas trop grave. Le jeu est quand même plus fin que son prédécesseur.

Mais il y a un autre problème : ce jeu est sorti sur la même machine qui a accueilli Super Mario 3D Land quelques mois auparavant. Et 3D Land est autrement plus réussi que New Super Mario Bros 2. Il est plus équilibré, plus long, plus prenant, les scores en temps de niveau constituent un bon moyen de relancer l'intérêt, que les pièces acquises ne compensent pas, la 3D est splendide - je devrais dire, 'les' 3D, car le jeu est très agréable à l'oeil.
Bref, l'intérêt est supérieur, même si les mécanismes de New Super Mario Bros 2 sont bien rodés et bien renouvelés.

Le troisième éventuel défaut que certains ne manqueront pas de relever, est bien sûr qu'il s'agit là du troisième Mario avec ce système, après New Super Mario Bros sur DS et New Super Mario Bros Wii sur machine de salon. Et la version de salon n'a pas chamboulé la donne, c'est vraiment le moins que l'on puisse dire. On lui reconnaîtra néanmoins un jeu à plusieurs mieux ficelé que dans New Super Mario Bros 2.

Mais peu importe. Les râleurs continueront de râler, parfois complètement gratuitement, et les amateurs du genre, genre qui devient aujourd'hui malheureusement de plus en plus un genre de niche, tant les bonnes production en gameplay 2D se font rares sur consoles vraiment installées, les fans aux yeux éclairés savoureront une bonne petite aventure bien fichue et divertissante.

Publié dans jeu vidéo

Commenter cet article