Ligue des champions : Madrid, dans la douleur et la joie

Publié le par D W

La grande finale que tout le monde attendait ce samedi 24 mai 2014 : The big one : le Real Madrid contre l'Atlético de Madrid, l'équipe majeure favorite qui rate le coche depuis des années pour attraper enfin sa decima, contre l'outsider qui fait une saison assez magnifique, et qui a arraché son titre à barcelone en fin de semaine dernière.

Première mi-temps assez bof bof, toujours avec les joueurs de "l'atléti" qui se jettent sur tous les ballons comme des morts de faim, en mettant une pression énorme sur l'équipe adverse quand ils perdent la balle. Et puis 36ème minute, coup franc dans la zone de réparation du Real, action "presque" sans danger tant ils sont habitués à ce type de situation, et... non, grosse bourde de la défense, toute la dernière ligne de défense du Real remonte sauf un guignol qui reste collé à la ligne de but et qui remonte beaucoup trop tard, du coup toute la ligne d'attaque de l'Atléti est en jeu, avec Casillas qui nous fait profiter d'une de ses sorties ratées dont il a le secret.

But chanceux de Godin, 1-0 pour l'Atlético avant la mi-temps, période qui se finit de manière assez équilibrée, ça y est, les acteurs sont là, le décor est campé, le ressort dramatique est pressé à fond, l'Histoire sera faite ce soir.


Mieux que Chelsea

A partir de là, on sait déjà ce qu'il va se passer.
Je me disais déjà pendant la pause à la mi-temps : le problème pour les colchoneros ne va pas être forcément les attaques du Real, ça va être de tenir physiquement jusqu'à la fin de la partie, parce que faire un pressing comme ça, c'est bien, mais il faut que le corps tienne jusqu'au bout.

De retour des vestiaires, c'est le début des hostilités du Real qui sort le grand jeu, mais qui va presque systématiquement gâcher ses occasions dans la dernière passe ou le dernier mouvement. Benzéma, qui sera remplacé par la suite, Gareth Bale qui a mis des alertes dans la défense de l'Atlético à plusieurs reprises, une première fois en première mi-temps et plusieurs fois en seconde, avec un tir nettement à côté des buts de Courtois - qui a fait un bon match -, et une chevauchée fantastique qui a fini.... ben pareil, à côté.
Sur le début de la seconde période, l'Atlético tient, et très bien même, mais à force de devoir défendre et de perdre le ballon très vite quand ils le récupèrent, les occasions se multiplient pour le Real. Et le but salvateur vient donc, de quelqu'un que l'on n'imaginait pas (ou pas forcément) : Sergio Ramos. Après une quantité énorme de ballons qui flirtent avec les montants de la cage, ou qui longent nonchalamment la ligne de but pour finir en dégagements ou en touches, ou souvent aussi en corner, ce qui devait arriver arriva : corner, Modric tire, et à la réception, un grand gabarit, Sergio Ramos, qui met sa tête tout à gauche du but, qui cadre et qui marque, à la 93ème minute. Et qui sauve le Real qui part ainsi en prolongations.

Alors bien sûr, à froid, en refaisant le match ce dimanche tranquillement, on pourra toujours jaser sur le nombre de minutes du temps additionnel, 5 minutes, pas affichées, puis non 3 minutes en fait. On pourra aussi re-analyser cette faute assez vilaine sur Marcelo qui prend un petit coup de genou dans la mâchoire inférieure, qui aurait largement valu un pénalty pour le Real. Mais l'arbitre qui a distribué un ombre impressionnant de cartons jaunes, a manifestement décidé de ne faire sortir personne, ce qui aura permis au final un beau spectacle.


Cloués au pilori

A ce moment-là la dynamique est clairement en faveur du Real. Et c'est sur les deux buts qui vont suivre, que l'on peut le mieux mesurer la différence qu'il y a entre une (très) bonne équipe et une équipe fabuleuse.

D'abord, la première mi-temps de la prolongation, pendant laquelle le Real domine mais n'arrive toujours pas à concrétiser. Deuxième mi-temps, la dernière ligne de défense de l'Atlético est quasiment cramée. Sur le premier but, c'est Di Maria qui fait tout le travail en partant sur son côté gauche en solitaire, en contre, au milieu de 3 défenseurs, qui courrent, courrent, courrent, mais n'interviennent pas, et il conclut son action par une frappe, heureusement ou malheureusement seulement détournée par Courtois, et bale qui a bien suivi cadre sa tête et marque le but. 2-1. Un but propre et efficace, réaliste, qui aurait eu sa place dans le match de la demi-finale aller du Real contre le Bayern.

Derrière, C. Ronaldo est cuit lui aussi. Il va vendanger une occasion en tombant tout seul dans la surface de réparation. Autre occasion une trentaine de secondes plus tard, Marcello qui est plus frais, essaye de lancer Ronaldo, mais celui-ci lui rend la balle et se replace. Et Marcelo tente le coup tout seul comme un grand, rentre dans la défense et marque. 3-1.

Ces deux buts-là sont magnifiques parce que malgré tout ce que l'on pourra dire, et écrire, et malgré les efforts des joueurs de l'Atlético, du staff, du coach charismatique, il y a une réelle différence de qualité technique entre les deux équipes, de manière générale, et à un niveau individuel, entre le Real et l'Atlético. Cela ne doit pas enlever le mérite à l'Atlético d'avoir enlevé la Liga, ce n'était pas un hold'up, ça a été l'une des équipes les plus régulières. Mais au bout du compte, il leur manque encore un petit quelque chose pour être une équipe mythique.

Bon, là, je suis encore sensé parler du 4ème but : attaque du Real, Ronaldo touche un ballon, il a un millimètre carré d'un crampon touché par un défenseur qui suffit à le faire tomber, hein bien sûr, donc considéré comme fauché dans la surface, hop carton jaune pour Godin et pénalty cadeau transformé pour l'un des joueurs qui m'auront le moins convaincu sur cette finale. Le seul truc qu'il aura vraiment montré pendant cette finale ce sont ses muscles après le but. Noon, c'est bon, je trolle un peu. Il a aussi montré sa magnifique mauvaise fois en mendiant un pénalty comme un affâmé après un coup franc dévié par un joueur du mur avec le bras pendant les prolongations (et c'est fou comme je regrette de ne pas avoir pris une capture après coup, gniiii). Comme quoi ce n'est pas qu'un spécialiste de la plonge.

S'ensuit la conclusion bizarre de ce match à émotions, qu'un paquet de spectateur, moi y compris voyaient se terminer au tirs aux buts, le coup de sang de l'entraîneur de l'Atlético, l'instant argentin : l'entrée sur le terrain du coach, manifestement agacé du pénalty, pour aller apostropher l'arbitre, et le bordel sur le terrain pendant 3 à 4 minutes. Spécial. La fin du match a été sifflée tout de suite ou presque après le réengagement.


Diego Simeone, après la fin du match


4-1, score final, sévère au regard du déroulement du match, mais justifié lorsqu'on regarde les actions, et globalement l'évolution du rapport de force pendant les prolongations. Les fans de l'atlético pourront toujours se consoler en se disant que c'est moins cruel qu'une séance de tirs au but. En tout cas aucun but ambigu et aucune grosse erreur d'arbitrage ne seront venus entâcher la rencontre : c'est déjà ça.

Les deux équipes seront qualifiées la saison prochaine pour la Ligue des Champions. A l'année prochaine, messieurs, qui sait, la revanche sera peut-être elle aussi au rendez-vous.


Les arbitres de la rencontres, copieusement hués par une partie du public lors de leur montée à la tribune.


Michel Platini remet les médailles et félicite les vainqueurs...


... de même que le roi Juan Carlos (ici avec le gardien madrilène), dans la tribune officielle.


Et le Real Madrid est champion d'Europe pour la 10ème fois de son histoire.


Publié dans Sport

Commenter cet article